En direct avec Marie Dorin-Habert : des canons à neige à « poisson »… à la COP 21

Le 12 novembre 2015

Stage Susjoen (Norway)

Nous voilà partis pour une nouvelle saison. Au-revoir la France et son été prolongé, températures chaudes et ciel bleu… Il va sans dire que si ce climat estival satisfait bon nombre de français, nous attendons tous avec impatience l’arrivée du froid et des premiers flocons.

Et bien ici aussi, l’attente se prolonge. Les températures sont plus raisonnables mais restent accrochées aux alentours de zéro, diminuant les probabilités de chute de neige.

De ce fait, nous skions sur 1,7 km de neige à poisson, sagement entassée sur le béton d’une piste de ski à roulette en attendant qu’il fasse assez froid pour faire marcher les «vrais» canons à neige et prolonger notre «bocal» d’un kilomètre ou deux.

Car à présent on peut même faire la distinction entre «faux» canons à neige qui sont capables de cracher de la glace pillée à des températures positives, des «vrais» canons qui eux sont soumis à la dure loi du froid….

A l’approche de la COP 21 sur le Climat, il est vrai qu’il devient difficile d’assumer le choix de skier dans cet environnement artificiel qu’on modèle à nos souhaits. La suite logique d’un climat qu’on a modifié des années durant. Une spirale sans fin qui nous pousse tous les jours un peu plus loin dans nos retranchements et nos inventions saugrenues, sans pour autant avoir le courage d’arrêter cette course en avant.

Pour essayer de sortir de cette attitude un peu morose et du tournis que me donne les matinées à skier sur la piste, l’équipe des filles a troqué ses skis contre des chaussures de course à pied ce matin pour aller s’égarer dans les montagnes environnantes.

Et là…. du bonheur pour les yeux : des étendues sauvages de collines aux montagnes enneigées, des plaques de neige givrée faisant ressortir l’herbe fauve des marécages et le noir des sapins. Sans oublier le ciel qui paraît immense ici, tout en nuances de gris et de bleus que le pâle soleil jaune teinte de rouge à partir de 15h.

Bref, écrasant des bosquets de myrtilles et noyant nos chaussures dans la tourbe nous nous sommes payées un petit voyage ailleurs, là où les canons à neige ne font encore pas partie du paysage.

Et en revenant à nos chalets, un habitant à quatre pattes s’est enfui devant l’armada française : un élan. Waou !!! Un vrai gros élan magnifique qui redonne le sourire et soigne nos têtes malades. Bonjour Monsieur Elan, merci de nous accueillir dans ton sanctuaire. Aimes-tu la neige à poisson ? Nous en avons plein par là-bas !

Marie Dorin-Habert

Retrouvez le Blog de Marie : http://familledorin.free.fr/Marie_Dorin/Accueil.html

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